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15 avr. 2009

L'or du roi d'Arturo Perez-Reverte

Présentation : Séville 1626. A son retour des Flandres où il a participé à la reddition de Breda, la capitaine Alatriste accepte une secrète et périlleuse mission : empêcher que les contrebandiers ne s'emparent de l'or des Indes transporté sur les galions espagnols et destiné au trésor royal. Aidé du jeune Inigo de Balboa et de son ami Francisco de Quevedo, il recrute un groupe pittoresque de spadassins et de repris de justice prêts à donner leur vie pour quelques ducats et le rachat de leur honneur.

Avis: Ce quatrième volet des aventures du capitaine Alatriste nous propose de retourner dans l'Espagne du XVIIe siècle. Nous quittons la guerre des Flandres pour retrouver les rues des villes espagnoles.

Comme l'annonce le titre L'or du roi, l'intrigue tourne autour de l'or ramené des Indes pour financer les dépenses de l'Espagne.

Le texte se présente comme les mémoires d'Iñigo Balboa. Les événements relatés se situent quand il était âgé de 16 ans alors qu'il venait de participer à la bataille de Breda en tant que soldat sous les ordres du capitaine Alatriste. La plupart des passages sont des souvenirs mis à plat mais certains doivent être des extrapolations d'Iñigo vu qu'il n'était pas présent. Les mémoires suivent l'ordre chronologique en présentant les événements et en donnant beaucoup de contexte historique.

Durant tout le récit, le grandiose et le mesquin se côtoient. La grandeur de l'Espagne, façade entretenue par les cérémonies et les déploiements de richesses, s'oppose à la pauvreté effective du pays dont les caisses sont vides et dont le peuple est pauvre. Les mercenaires, voleurs et autres personnes à la limite de la légalité possèdent honneur mais pas de richesse. Alors que les représentants du pouvoir et de l'ordre possèdent richesse mais rarement d'honneur. Ces oppositions sont principalement dues au point de vue d'Iñigo qui l'a, je pense, hérité du capitaine son maitre et la personne qui se rapproche le plus de la figure paternelle. Son métier de lame à louer explique aussi cet éclairage : il travaille avec les uns pour les autres.

Comme dans les tomes précédents, nous avons droit à une rédaction claire et simple dont je retiens les points suivants. Premièrement un vocabulaire adapté qui accentue l'immersion. C'est surtout flagrant lors qu'il s'agit de bateau, d'escrime ou des descriptions vestimentaires. Deuxièmement les descriptions passent souvent par des énumérations afin de poser les éléments de la scène. Elles permettent d'accentuer la présence des contraires et s'appliquent autour sur des objets que sur des traits de caractères. Troisième et dernier point, les dialogues sont concis et peu présents mais lourds de sens. Le rendu correspond avec les personnes et le milieu dans lequel ils évoluent.

En conclusion, l'aventure supporte bien son rôle de scène pour mettre en avant les personnages qui vieillissent et évoluent de manière intéressante. J'apprécie de quitter le champ de bataille pour retrouver les rues des grandes villes d'Espagne. Ce volet conserve le bon niveau des aventures du capitaine Alatriste et je conseille autant la série que le livre.

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