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17 août 2009

L'Incal de Jodorowsky et Moebius

Présentation : En six chapitres, c'est-à-dire deux cent quatre-vingt-douze pages dessinées en huit ans, Alexandro Jodorowsky et Moebius ont renouvelé avec L'Incal la science-fiction en bande-dessinée. Pour raconter la légende d'un minable détective privé, John Difool, qui devient un sauveur cosmique, ils ont mélangé les genres et les symboles, l'aventure héroïque et les tarots, la quête initiatique et le rêve, les rebondissements et la parodie, composant une fresque magique et picaresque, le premier roman graphique qui aura marqué plusieurs générations de lecteurs dans le monde.

Avis : J’ai découvert L’Incal il y a plus de 10 ans alors que j’étais au collège. Ne me demandez pas pourquoi mais les 6 tomes étaient disponibles dans la bibliothèque de l’établissement. Six tomes qui mélangent space opéra, dystopie et spiritualité avec Jodorowsky comme scénariste et Moebius au crayon.

John Difool, un petit détective sans envergure, se retrouve au cœur d’une quête qui modifiera peut être l’univers. Au départ rien ne le différencie des foules lobotomisées par la télé 3D, en fait il a tout d’un anti-héro avec sa volonté de rester dans l’immobilisme et son égoïsme. Pourtant ce côté bassement humain le rend attachant par rapport au péril qu’il traverse et aux autres personnages. On croise notamment Sans-Nom le Méta Baron, l’Impéroratriz (l’androgyne parfait), l’Incal, les gardiennes Animah et Tanatah.

Mais cette série contient surtout un univers complet et intéressant qui ressemble au système médiéval porté dans le futur :
  • L’Impéroratriz correspond au roi. Un être parfait qui est pourtant deux siamois (homme et femme) liés par le dos et le crane ;
  • L’Ordre des Techno-Technos qui ressemble à un ordre religieux dédié à la technologie ;
  • Le Prez de la planète entouré de sa cour fait penser à un noble ;
  • Les citoyens abrutis par le métro/boulot/dodo et un télévision omniprésente.
Mais cela va plus loin car différentes factions politiques participent au jeu du pouvoir autour de l’Impéroratriz. Ces factions rapidement vues sont des extrapolations des doctrines politiques de l’époque.


Ces différents pouvoirs ainsi que des extra terrestres (les Bergs) cherchent à acquérir l’Incal pour assouvir leurs envies de puissance. Ce qui explique pourquoi il y a pleins de rebondissements, des alliances plus ou moins solide, des retournements de situations, des combats, de l’exploration. Autant dire que cette quête c’est de l’Aventure avec un grand ‘A’.
Pourtant l’aventure ne s’arrête pas au tir de pistolaser et aux voyages spatiaux. Il y a une dimension spirituelle qui pousse les héros à sortir de l’avilissement induit par cette société. Plusieurs passages demande aux personnages d’effectuer un travail sur eux-mêmes. D’ailleurs l’aspect spirituel est aussi très présent dans la série la Caste des Meta Barons.

Au final, l’Incal est un monument de la science fiction que je vous conseille. C’est la fin de ce message et je n’ai toujours pas dit ce qu’est l’Incal. Pour le savoir, il suffit de se lancer dans la lecture. Certes je n’ai pas pris autant de plaisir à la lire que lors que j’étais au collège, mais j’ai compris son message différemment. Il faudrait que je relise le Lama Blanc, peut être découvrirai je une nouvelle oeuvre.

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