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27 sept. 2009

Noir de K.W. Jeter

Présentation : Dans un futur proche, Los Angeles est devenue une métropole rutilante et attractive, enclave privilégiée au sein d'un monde qui s'enfonce petit à petit dans un inéluctable marasme économique et social. Mais derrière cette façade dorée se dissimule un univers labyrinthique souterrain, où les nantis se pressent en quête de plaisirs interdits.
McNihil, ex-flic désabusé reconverti en privé, s'est fait chirurgicalement altérer la vision pour appréhender son environnement en noir et blanc, comme dans un vieux film de Bogart. Il s'est spécialisé dans les enquêtes sur les contrefaçons et travaille pour l'une des rares mais puissantes corporations qui semblent tout contrôler dans ce monde sombre et interlope. Appelé à élucider le meurtre d'un jeune cadre, il va rapidement se lancer sur la piste d'un simulateur on line ouvrant sur un maëlstrom d'expériences érotiques parmi les plus taboues... Fidèle disciple de Philip K. Dick, K.W. Jeter fusionne ici roman noir et anticipation, et reprend à son compte la thématique de la frontière ténue séparant réalité et virtualité. Mais il incorpore à ce canevas ses propres réflexions et obsessions - la fascination pour les univers rétro-futuristes, et une vision résolument sombre des lendemains qui nous attendent - pour en faire une oeuvre complexe, dérangeante et novatrice.

Avis : Un roman noir dans un monde cyberpunk, voilà un mélange qui donne vraiment envie. Comme j'avais bien apprécie Les âmes dévorées de K. W. Jeter, je me suis lancé en toute confiance dans la lecture.

Les codes des deux styles répondent présents. Le roman noir apporte le détective, le regard rempli de désillusion et la femme fatale. Le cyberpunk apporte la technologie (dont la cybernétique), les megacorporations et une vision d'anticipation. Le point de jonction entre ces deux styles est la critique de la société à travers la distinction entre classes sociales, l'augmentation des écarts entre ces classes, la déshumanisation des gens. Par contre les morts vivants et certains autres points n'appartiennent à aucun des deux styles.

Le monde décrit fait mal au coeur. Les autorités ont greffé des carapaces aux clochards pour les aider à survivre dans la rue ce qui les fait ressembler à des cafards. Les agents qui font respectés les droits d'auteur ont le devoir de dépecer les pirates. Le cerveau des pirates devient un trophée pour l'auteur. Sous certaines conditions, les meurtres sont acceptables du moment que l'on paie un taxe d'urbanisation à la ville.

Les personnages semblent vivants et bien construit mais beaucoup, voir trop, de dialogues intérieurs ponctuent le récit. Ces passages apportent une bonne compréhension des personnages mais rompent le peu d'action présente. Ce qui donne l'impression de ne pas avancer dans la lecture. L'intrigue sert d'excuse pour dépeindre le monde. Un cadre sup. engage un détective avec ses heures de gloire derrière lui et va tenter de le doubler.

Au final, Noir se révèle décevant. Un univers bien construit qui mérite d'être découvert, des personnages plutôt bien mais l'intrigue ne permet pas lier tout ça en un tout cohérent.
Dommage que cette impression dure toute la lecture et la rend longue et pénible.


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